Depuis le 1er janvier 2025, de nouvelles mesures sont entrées en vigueur en France face à l’urgence climatique. Destinées à favoriser la transition énergétique, elles obligent les entreprises à reconsidérer leurs stratégies internes. Les gouvernements, comme celui de la France, renforcent ainsi leur cadre législatif, avec à l’appui des objectifs ambitieux : -40 % d’émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030. L’Europe, de son côté, impose audits et actions concrètes aux entreprises.

 

Décret tertiaire, décarbonation, économie circulaire : cette année encore, les choses bougent du côté des changements en matière d’efficacité énergétique ! Mais alors, concrètement, ça signifie quoi pour votre entreprise ? Place des Énergies fait le point sur vos obligations, les aides à votre disposition et les avantages que vous pouvez tirer de vos efforts en matière de transition énergétique.

 

Le décret tertiaire prend un nouveau virage en 2025

 

En 2025, le décret tertiaire entre dans une nouvelle phase. Impossible pour les entreprises de le contourner : elles doivent plus que jamais s’engager concrètement dans la réduction de leur consommation énergétique !

 

Le décret tertiaire en 2025 : des objectifs de plus en plus précis

 

Ce dispositif réglementaire, destiné aux bâtiments tertiaires de plus de 1 000 m², fixe des objectifs progressifs : 

 

  • -40 % d’ici 2030, 

  • -50 % en 2040,

  • -60 % en 2050.

 

Comme base de départ, vous choisissez librement une année de référence entre 2010 et 2019 (année pleine d’exploitation, ajustée selon les données climatiques). Une seconde méthode, dite en valeur absolue, s’applique en parallèle. Elle repose sur des seuils exprimés en kWh/m²/an. 

 

Vous ne savez pas quelle stratégie adopter ? N’hésitez pas à vous faire accompagner par un energy manager. L’energy management permet de cibler les efforts à fournir, en tenant compte des spécificités techniques et économiques de chacun de vos sites professionnels.

 

L’arrêté Valeurs Absolues VI et les nouveautés OPERAT

 

L’année 2025 marque également l’entrée en vigueur d’un nouveau texte attendu : l’arrêté Valeurs Absolues VI. Ce document viendra préciser les seuils à respecter selon les différents types d’activité (par exemple cinémas, marchés couverts, commerces, etc.). Et il pense à tous, puisqu’il s’adapte à toutes les configurations, même celles un peu spéciales des territoires d’Outre-Mer (particularités climatiques et structurelles).

 

Face à ces nouvelles mesures, il devient impératif de renforcer l’importance d’une déclaration rigoureuse sur OPERAT, dont l’interface évolue aussi. En 2025, un système d’API est en effet mis en place, afin de faciliter vos démarches.

 

À retenir : effectuez votre déclaration sur OPERAT avec attention, car une fois saisies, les données ne peuvent plus être modifiées !

 

L’édition 2025 d’OPERAT intègre également une nouvelle formule de correction climatique. Elle exige toutefois une connaissance fine du patrimoine immobilier, en plus d’une bonne saisie de vos informations. À la clé, vous obtenez une attestation Éco-Énergie Tertiaire, à afficher publiquement. Elle deviendra un signal fort pour vos partenaires commerciaux, ainsi que vos clients !

 

Décret BACS et GTB en 2025

 

L’année 2025 rime également avec la redéfinition du décret BACS, notamment en matière d’obligations des entreprises face à leur gestion énergétique. Depuis le 1er janvier, il impose l’installation d’un système de Gestion Technique du Bâtiment (GTB) dans tous les bâtiments tertiaires non résidentiels existants, dont la puissance des équipements techniques dépasse 290 kW. 

 

Ce système est capable de superviser automatiquement le chauffage, la ventilation, la climatisation ou encore l’éclairage. Son objectif est d’optimiser en continu la performance énergétique des sites. Nous voilà en plein dans nos fameux efforts de transition énergétique ! 

 

Bon à savoir : une échéance supplémentaire a été prévue pour les bâtiments dont la puissance est comprise entre 70 et 290 kW. Ils ont jusqu’au 1er janvier 2027 pour se mettre en règle. Pour les constructions neuves, les exigences varient selon la date du permis de construire, mais le cap des 70 kW devient désormais un seuil déterminant.

 

Concrètement, la GTB facilite l’identification des sources de gaspillage et permet des ajustements en temps réel, au service d’une gestion énergétique plus fine.

 

Vous voulez avoir un œil sur vos consommations et sources de gaspillage, même si vous n’avez pas besoin d’installer un système de GTB ? Bonne nouvelle ! Place des Énergies met à votre disposition un outil intelligent capable d’identifier ces éléments, et bien plus encore. Ajoutez à cela notre outil d’intelligence artificielle PredictAi pour prédire les prix de l’énergie, et vous voilà équipé pour optimiser pleinement vos consommations d’énergie ! Cliquez ici pour entrer en contact avec un expert en énergie et en apprendre plus sur nos services aux professionnels.

 

Transition énergétique 2025 en entreprise : objectif décarbonation

 

Pour décarboner votre entreprise, deux axes structurants existants viennent se renforcer en 2025 : l’éco-conception et l’économie circulaire. En résumé, il s’agit avant tout d’intégrer des critères environnementaux dès la conception des produits, afin de limiter leur impact tout au long du cycle de vie. Évident, nous direz-vous, mais c’était jusqu’ici rarement le cas ! 

 

Pourtant, selon l’ADEME, 80 % des effets environnementaux d’un produit sont déterminés dès sa phase de conception. Des leaders comme Nike, Apple ou Danone investissent donc désormais dans des matériaux recyclés et des procédés de fabrication moins émetteurs de CO₂, et ce n’est qu’un début !  

 

Cette transformation s’accélère en effet avec l’arrivée du passeport numérique des produits, obligatoire en 2025 pour certaines industries comme le textile ou l’électronique. Objectif : améliorer la transparence sur la réparabilité, la traçabilité et l’empreinte carbone. 

 

En parallèle, l’économie circulaire gagne elle aussi du terrain. Réemploi, revente, reconditionnement ou location deviennent ainsi des pratiques courantes, soutenues par les grandes marques et encouragées par les consommateurs. Ce changement de modèle vise à répondre aux objectifs de l’Union européenne, qui a pour ambition de réduire de 50 % les déchets industriels d’ici à 2030. Pour rester compétitive, votre entreprise a donc tout intérêt à innover, à repenser sa chaîne de valeur… et à inscrire durablement la sobriété énergétique au cœur de sa stratégie !

 

Le DPE, ou la lutte contre la précarité énergétique en 2025

 

La lutte contre la précarité énergétique s’intensifie en 2025, notamment grâce à l’évolution du Diagnostic de Performance Énergétique (DPE), qui devient plus exigeant. 

 

Les nouvelles réglementations 2025 imposent ainsi aux copropriétés de revoir la performance énergétique de leurs bâtiments. À partir de cette année, un logement classé E, F ou G au DPE ne pourra plus être considéré comme décent, selon la loi Climat et Résilience. Pour les bâtiments tertiaires, les exigences s’alourdissent également, obligeant les propriétaires à accélérer les travaux de rénovation. L’objectif est clair : améliorer l’efficacité énergétique du parc immobilier, tout en encourageant le recours aux énergies renouvelables !

 

Entre enjeux RSE et transition énergétique

 

La responsabilité sociétale des entreprises (RSE) s’intègre pleinement dans les exigences réglementaires liées à la transition énergétique.

Des obligations RSE renforcées pour une stratégie durable

 

La Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD) impose à plus de 50 000 entreprises européennes un reporting extra-financier détaillé. L’objectif est d’obliger les entreprises à rendre compte de leurs impacts environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) sur la base de normes européennes strictes (ESRS). 

 

Sont ainsi concernées les sociétés de plus de 250 salariés, ou réalisant plus de 40 millions d’euros de chiffre d’affaires. Elles devront à la fois : 

 

  • publier des objectifs chiffrés, 

  • suivre leur trajectoire,

  • démontrer une amélioration mesurable, notamment en matière de décarbonation.

 

Et cette transparence est payante ! D’année en année, elle devient même un critère de choix pour les investisseurs.

 

Taxonomie verte et nouveaux leviers d’action

 

Au-delà du reporting, les entreprises sont désormais jugées sur la nature même de leurs activités. C’est pourquoi la taxonomie verte européenne classe les secteurs économiques selon leur impact sur l’environnement et conditionne l’accès aux financements verts. 

 

Or, en 2025, de nouveaux domaines sont concernés, comme l’agriculture durable, l’immobilier bas carbone ou encore le stockage d’énergie. Pour être considérées comme durables, les entreprises devront justifier qu’au moins 50 % de leur chiffre d’affaires provient d’activités conformes à ces critères. 

 

En parallèle, le devoir de vigilance s’étend à davantage d’acteurs, y compris certaines PME à risque, les incitant à auditer leurs chaînes d’approvisionnement. Enfin, avec la loi Climat et Résilience, un plan de décarbonation devient obligatoire pour les structures de plus de 500 salariés.

 

Transition énergétique en entreprise : comment l’appliquer ?

 

La transition énergétique en entreprise repose sur une combinaison d’actions concrètes. Leur but : réduire les consommations, utiliser des énergies renouvelables et compenser les émissions résiduelles !

 

Entreprises : une transition énergétique à plusieurs niveaux

 

Pour commencer, il est essentiel d’identifier les pertes énergétiques subies par votre entreprise. Elles sont souvent liées à une mauvaise isolation ou à des systèmes de chauffage vieillissants. 

 

Des travaux de rénovation ciblés, identifiés via un audit énergétique, permettent de réaliser des économies importantes, tant sur vos factures d’énergie que sur votre empreinte carbone. En parallèle, sensibiliser vos équipes à des écogestes simples, comme éteindre les appareils inutilisés, peut générer jusqu’à 11 % d’économies. L’entreprise peut également s’engager en souscrivant une offre d’électricité verte ou de biogaz certifiée par des garanties d’origine. Ainsi, vous participez de façon encore plus concrète au développement d’un mix énergétique plus propre !

 

Vers une autonomie et une responsabilité énergétique renforcées

 

Pour aller plus loin, certaines entreprises optent aussi pour des solutions de production d’énergie en interne. Des entreprises engagées, comme Solo Énergie, vous aident dans vos démarches en s’occupant de l’installation de panneaux photovoltaïques en autoconsommation à prix accessible. 

 

Cette démarche permet de couvrir une partie de ses besoins, tout en valorisant les surplus via des contrats de rachat. Nous pouvons même aller encore plus loin, en rappelant l’obligation de 2023 liée à la loi APER d’installer des ombrières photovoltaïques sur certains parkings. La date d’échéance approche : 2026 !

 

Les industries peuvent également recourir à la chaleur renouvelable (biomasse, chaleur fatale) pour alimenter leurs processus de production. Pour les grands consommateurs, le recours aux Power Purchase Agreements (PPA) permet de s’engager durablement auprès de producteurs d’énergie verte à des prix contractualisés. Enfin, une fois tous les leviers activés, la compensation carbone vient compléter le tableau. L’achat de crédits carbone permet en effet de financer des projets environnementaux, en particulier dans le cadre du Système d’Échange de Quotas d’Émission (SEQE) européen, dont le périmètre s’élargit en 2025.

 

Existe-t-il des aides aux entreprises pour la transition énergétique ?

 

Les entreprises disposent de plusieurs dispositifs pour les accompagner dans leur transition énergétique en 2025. Bien sûr, les incontournables Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) sont toujours en vigueur ! Ils permettent d’obtenir une aide pour financer vos travaux de rénovation.

 

D’autres programmes, comme la Prime Énergie ou les Contrats de Performance Énergétique (CPE), vous permettent d'engager des améliorations avec des résultats mesurables. 

 

En parallèle, le Fonds Chaleur de l’ADEME soutient les projets liés aux énergies renouvelables, notamment la biomasse ou la géothermie. Les subventions peuvent couvrir jusqu’à 60 % des coûts. Un montant final non négligeable !

 

Entreprise et transition énergétique en 2025, en bref…

 

Face aux exigences de 2025, la transition énergétique s’impose à la fois comme une obligation et une excellente opportunité stratégique. En s’engageant dans cette voie, votre entreprise peut non seulement réduire ses coûts énergétiques, mais aussi renforcer son image auprès des clients, partenaires et investisseurs. Mettre en place des actions concrètes en faveur de l’environnement, c’est aussi répondre à des attentes sociétales fortes, dans un contexte où la transparence et la responsabilité deviennent, plus que jamais, des critères de choix. En intégrant ces enjeux dans votre stratégie, vous préparez votre entreprise à un avenir plus durable… et plus compétitif !