La France doit réformer le cadre du nucléaire, qui représente une part importante de son électricité. Le gouvernement et EDF ont convenu d'un nouveau prix moyen de 70 EUR/MWh pour la production atomique à partir de 2026, qui remplacera l'Arenh. Ce prix doit permettre de financer la maintenance et le développement du parc nucléaire, mais il ne garantit pas un prix plancher en cas de baisse des prix de marché. Le gouvernement a écarté l'option des contrats pour différence (CFD), qui assurent un revenu stable aux producteurs nucléaires dans d'autres pays.

 

Pas de CFD pour remplacer l’ARENH

 

Selon le ministère de l'Économie, l'État français ne compte pas recourir à des CFD pour garantir un prix plancher à la production nucléaire. Cette décision a été confirmée malgré les baisses récentes des prix de gros de l'électricité, qui pourraient compromettre la situation financière d'EDF.

 

L'accord entre EDF et l'État, présenté en novembre dernier, vise à remplacer le mécanisme actuel de l'ARENH à partir de 2026. Il prévoit que la production atomique soit vendue à un prix moyen de 70 euros par mégawattheure sur la période 2026-2040. Cette stratégie permettrait de soutenir le financement de la maintenance du parc nucléaire et de la construction de nouveaux réacteurs.

 

Le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, a souligné lors d'une récente audition parlementaire qu'EDF devrait constituer des réserves financières pour faire face aux fluctuations des prix de l'électricité sur le marché. Bien que le gouvernement ait la possibilité d'introduire un CFD via le projet de loi énergétique actuel, il a été décidé en accord avec EDF de favoriser un fonctionnement de marché.

 

Les réactions face à l’absence de contrats pour différence

 

Cette décision suscite toutefois des interrogations quant à la capacité d'EDF à maintenir sa stabilité financière dans un contexte de prix de marché potentiellement volatils. Des experts du secteur mettent en garde contre les risques encourus par EDF si les prix ne remontent pas dans les années à venir.

 

EDF s'efforce de sécuriser ses revenus en signant des contrats à long terme avec des entreprises et des industriels. Cependant, la récente baisse des prix des contrats d'électricité nucléaire pour les années 2027-2029 pourrait remettre en cause la viabilité financière de ces accords à long terme. En effet, les prix des contrats d'électricité pour 2026 et 2028 s'échangent respectivement à environ 69 €/MWh et 65 €/MWh sur la bourse EEX, en chute de 30 % et 17 % depuis novembre. « Si les prix de marché ne remontent pas d'ici 2027 ou 2028, ce sera un problème pour EDF », qui veut éviter la recapitalisation par l'État ou un CFD, observe Nicolas Goldberg, expert de l'énergie au cabinet Colombus Consulting.

 

Cependant, les revenus de l'électricité pourraient augmenter si la demande d'électricité, les prix du CO2 et la production nucléaire française se redressaient, et EDF compte « signer un maximum de contrats à long terme » pour sécuriser les prix futurs. Pour l'heure, EDF n'a vendu qu'un tiers des contrats d'achat d'électricité nucléaire d'un an pour livraison en 2027-2029 proposés depuis le lancement à l'automne de ce nouveau produit à cinq ans, selon ses données. Leur prix a chuté jusqu'à 66 €/MWh, contre un maximum de 91 €/MWh en octobre. 


La politique énergétique française se confronte à des défis importants, notamment en ce qui concerne la production nucléaire et ses répercussions financières. Le gouvernement maintient sa position de ne pas introduire de CFD pour garantir un prix plancher, malgré les demandes de certains acteurs du secteur. Cette décision reflète également une volonté de favoriser un fonctionnement basé sur les mécanismes du marché.