Tendances gaz naturel

 

Le prix du gaz continue de baisser, en chutant encore de 1,58 € par rapport à la semaine dernière. Une très légère hausse a eu lieu entre le 15 et le 16 février, même si la tendance reste à la baisse. Notons que les prix CAL 2026 et 2027 se rapprochent des prix CAL +1.

 

La hausse des températures est un des facteurs qui maintiennent la baisse des prix du gaz. D’un autre côté, les tensions au Moyen-Orient semblent s'apaiser, avec une réduction de l'agressivité des rebelles yéménites Houthis en Mer Rouge. Cependant, la semaine dernière, les bateaux transportant du GNL accusaient un léger retard, devant contourner le détroit de Mandeb en faisant le tour de l’Afrique. Cette situation maintient le marché du gaz sous pression, bien que la volatilité demeure faible, les traders ayant anticipé ces retards supplémentaires ainsi qu'un hiver peu rigoureux. Par conséquent, les stocks de gaz restent à des niveaux importants malgré les tensions, ce qui explique que son prix continue de baisser.

 

La Commission de Régulation de l'Énergie (CRE) vient de publier son dernier prix de référence pour le gaz. Le prix de référence moyen hors taxes a enregistré une baisse de 18 % entre décembre 2023 et mars 2024, passant de 96,23 €/MWh à 78,94 €/MWh. Quant au prix de référence moyen toutes taxes comprises, il a baissé de 9 % sur la même période, passant de 125,91 €/MWh à 114,76 €/MWh. Cela inclut la hausse de 8 €/MWh de la TICGN intervenue en janvier 2024.

 


 

Tendances électricité 

 

Comme pour le gaz, les prix de l’électricité continuent de baisser. Il a perdu 4,48 € depuis une semaine. En seulement deux jours, entre vendredi 16 et lundi 19 février, le prix baisse de 3,27 €. Contrairement au gaz, les prix CAL +2 et +3 de l’électricité baissent beaucoup plus que les prix CAL +1. La baisse continue, en corrélation avec les températures élevées observées ces derniers jours, qui entraîne une diminution de la consommation d’électricité.

 

La chute des prix du carbone est aussi en grande partie responsable de la baisse des prix de l'électricité. Cette baisse pourrait d’ailleurs mettre en péril la capacité d'EDF et de ses homologues européens à investir dans de nouvelles capacités décarbonées, selon Luc Rémont, PDG d'EDF. Les prix actuels de l'électricité sur le marché de gros français sont jugés soutenables, mais toute baisse en deçà de ce seuil pourrait compromettre la capacité du secteur électrique à financer les investissements à long terme dans la production d'électricité et dans des projets de décarbonation. 

 

Le contrat de référence EUA de décembre 2024 a en effet chuté de 25 % depuis le début de l'année et de près de 44 % par rapport au record de 101,25 €/t atteint en février dernier. Le contrat d'électricité français pour livraison en 2025 a enregistré une baisse de 35 €/MWh depuis novembre, en raison de l'augmentation de la production nucléaire et de la baisse de la demande.

 

Le PDG d'EDF a également noté le manque d'intérêt pour les enchères de fourniture d'électricité pour les années 2028-2029. Seulement 1 TWh a été vendu depuis le lancement de ces contrats à l'automne dernier. Cette inquiétude arrive alors qu’EDF vient de publier son chiffre d'affaires de l’année 2023. Le leader français a généré 10 milliards d’euros de bénéfices grâce au redressement du nucléaire.

 


 

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