Le prix du gaz naturel est un sujet de préoccupation majeur pour les consommateurs français, qui subissent depuis plusieurs mois des hausses successives de leur facture énergétique. Face à cette situation, le gouvernement a mis en place un dispositif de bouclier tarifaire, qui a limité l’augmentation des tarifs réglementés du gaz à 15 % en moyenne jusqu’au 30 juin 2023. Que s’est-il passé depuis cette date ? Pour octobre 2023, la CRE prévoit déjà une augmentation du Prix Repère de Vente du Gaz de 9,21 €/MWh. Quels sont les facteurs qui influencent le prix du gaz ? Quelles sont les perspectives pour l’année 2024 ?

 

Les causes de la flambée des prix du gaz en 2023

 

Le prix du gaz naturel dépend principalement de trois facteurs :

  • Les coûts d’approvisionnement, qui correspondent au prix d’achat du gaz sur le marché international. Ces coûts représentent environ 40 % de la facture au tarif réglementé et sont soumis aux fluctuations de l’offre et de la demande.

  • Les coûts hors approvisionnement, qui regroupent les coûts liés au transport, à la distribution, au stockage et à la commercialisation du gaz. Ces coûts sont les mêmes pour tous les fournisseurs et sont fixés chaque année par la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE). Ils représentent près de 37 % de la facture au tarif réglementé.

  • Les taxes, qui comprennent la Contribution Tarifaire d’Acheminement (CTA), la Taxe Intérieure sur la Consommation du Gaz Naturel (TICGN) et la TVA. Ces taxes représentent environ 23 % de la facture au tarif réglementé et sont déterminées par le législateur.

 

Depuis le début de l’année 2022, les prix du gaz ont connu une envolée sans précédent, principalement due à une forte hausse des coûts d’approvisionnement. Plusieurs facteurs expliquent cette situation :

  • La crise sanitaire mondiale, qui a entraîné une baisse de la production et une hausse de la demande de gaz, notamment en Asie où le gaz est utilisé pour produire de l’électricité.

  • La tension géopolitique entre la Russie et l’Ukraine, qui a conduit à une réduction des livraisons de gaz russe vers l’Europe, alors que ce pays représente 45 % des importations européennes.

  • Les aléas climatiques, qui ont provoqué des épisodes de froid ou de chaleur inhabituels, augmentant ainsi les besoins en chauffage ou en climatisation.

  • La transition énergétique, qui favorise le recours au gaz naturel comme source d’énergie moins polluante que le charbon ou le fioul.

 

Face à cette pénurie de gaz, les pays européens ont dû se tourner vers d’autres sources d’approvisionnement, comme le gaz naturel liquéfié (GNL) provenant des États-Unis, du Qatar ou de l’Afrique. Ces sources sont plus coûteuses et plus incertaines que le gaz russe. De plus, le transport du GNL nécessite des infrastructures spécifiques, comme des terminaux méthaniers ou des navires spécialisés, dont la capacité est limitée.

 

Les mesures prises par le gouvernement pour limiter la hausse des prix du gaz en 2023

 

Pour protéger les consommateurs français face à cette flambée des prix du gaz, le gouvernement a mis en place certaines mesures. Le bouclier tarifaire a limité l’augmentation des tarifs réglementés du gaz à 15 % en moyenne jusqu’au 30 juin 2023. Cette mesure concernait près de 3 millions de foyers abonnés aux tarifs réglementés ou aux offres indexées sur ces tarifs. Elle a représenté un coût estimé à 1,5 milliard d’euros pour l’État.

 

Il existe aussi le chèque énergie, qui permet aux ménages modestes de bénéficier d’une aide financière pour payer leurs factures d’énergie ou réaliser des travaux de rénovation énergétique. Le montant du chèque énergie a été revalorisé de 50 euros en 2022, passant de 150 à 200 euros en moyenne. Cette mesure concerne environ 5,8 millions de foyers et représente un coût estimé à 1,2 milliard d’euros pour l’État.

 

Enfin, le Fonds de Solidarité Logement (FSL) aide les ménages en situation de précarité énergétique à régler leurs impayés de gaz ou d’électricité. Le budget du FSL a été augmenté de 100 millions d’euros en 2022, portant son montant total à 400 millions d’euros. Cette mesure concerne 600 000 foyers et représente un coût estimé à 100 millions d’euros pour l’État.

 

Les perspectives des prix du gaz pour l’année 2024

 

Le bouclier tarifaire mis en place par le gouvernement n’a été qu’une mesure temporaire, qui n’a pas résolu le problème de fond de la dépendance de la France au gaz importé. Pour réduire cette dépendance et limiter les hausses futures des prix du gaz, il faut agir sur :

  • La diversification des sources d’approvisionnement, en développant les capacités d’importation de GNL, en soutenant les projets de gazoducs européens et en favorisant la production locale de biogaz ;

  • La réduction de la consommation, en renforçant l’efficacité énergétique des bâtiments, en incitant les ménages à adopter des gestes économes et en développant les énergies renouvelables alternatives au gaz, comme le solaire ou l’éolien ;

  • La solidarité européenne, en renforçant la coopération entre les pays membres pour assurer la sécurité d’approvisionnement et la régulation du marché du gaz.

 

Le prix du gaz au tarif réglementé a augmenté de 12,6 % en septembre 2023 par rapport au mois précédent, soit la plus forte hausse mensuelle depuis 10 ans. Sur un an, le prix du gaz a augmenté de 37,8 % pour les consommateurs qui utilisent le gaz pour se chauffer. Le prix du gaz sur le marché de gros pour le mois de novembre 2023 s’établit à 42,675 euros par mégawattheure au 27 septembre 2023. Ce niveau est inférieur de 10 % au pic atteint le 30 août 2023, qui était de 47,675 euros par mégawattheure. Par rapport au creux du 6 septembre 2023, qui était de 41,375 euros par mégawattheure, le prix du gaz au 27 septembre 2023 affiche une progression de 3 %.

 

Selon les prévisions de la CRE, le prix du gaz devrait continuer à augmenter en 2024, mais à un rythme moins soutenu qu’en 2022 et 2023. Pour 2024, la hausse serait comprise entre 5 % et 10 % en moyenne sur l’année, selon l’évolution des cours du pétrole et du taux de change euro/dollar. De leur côté, les projections macroéconomiques de la Banque de France prévoient une augmentation du prix du gaz naturel de 6,5 % en 2024.

 

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