Tendances de l'énergie 10/03/2026


Tendances gaz naturel
En raison de la guerre régionale autour de l’Iran et d’Israël, le prix PEG du gaz sur l’EEX fait un énorme bond. Après une belle baisse des prix étalée sur des semaines depuis 2025, puis une certaine stabilité en début d’année, le prix passe de 26,26 €/MWh le 27 février, à 30,97 €/MWh le 3 mars. L’augmentation continue sur la semaine pour atteindre les 38,36 €/MWh le 9 mars, soit une hausse de 12,54 €/MWh depuis le 9 février à 25,82 €/MWh.
Le marché gazier sous tension face à l’escalade militaire en Asie occidentale
Une perturbation prolongée des flux de GNL en Asie occidentale pourrait rapidement pousser les prix du gaz européen à la hausse. Selon plusieurs estimations d’analystes, le contrat de référence sur le hub Title Transfer Facility pourrait dépasser 70 €/MWh si les exportations qataries restaient bloquées pendant environ un mois. L’arrêt du transit maritime dans le détroit d’Ormuz, combiné aux tensions militaires régionales et à l’interruption de la production de GNL au Qatar, alimente l’incertitude sur l’approvisionnement mondial.
Un scénario plus long accentuerait nettement la pression sur le marché. En cas de blocage sur plusieurs mois, certains analystes évoquent des prix pouvant dépasser 100 €/MWh. Les stocks européens pourraient aussi en pâtir, avec un niveau de remplissage nettement inférieur à la normale à l’approche de l’hiver. Malgré tout, ces projections restent bien en dessous des sommets atteints lors de la crise énergétique de 2022, même si la volatilité demeure élevée.

Tendances électricité
Le prix de l’électricité sur l’EEX subit aussi l’escalade régionale autour du conflit irano-israélien. Le prix augmente de 5,47 €/MWh entre le 2 mars (52,14 €/MWh) et le 3 mars (57,61 €/MWh). Il redescend ensuite légèrement à 55,87 €/MWh le 5 mars, pour remonter à 61,67 €/MWh le 9 mars, soit une hausse de 5,8 €/MWh en quatre jours.
Printemps doux et excédent d’offre sur le marché électrique français
Le marché de l’électricité en France pourrait connaître une multiplication des heures à prix nuls ou négatifs dans les prochaines semaines. Les prévisions météo prévoient en effet des températures légèrement supérieures aux normales jusqu’au printemps, ce qui devrait maintenir la demande à un niveau modéré. Dans le même temps, l’offre s’annonce abondante avec une production solaire en forte hausse et une disponibilité nucléaire supérieure à celle de l’an dernier. La puissance photovoltaïque installée a encore progressé depuis 2024, renforçant les volumes injectés pendant les heures d’ensoleillement.
L’hydraulique devrait également soutenir l’offre. Les fortes précipitations hivernales et un enneigement important dans les massifs alimentent les perspectives de production pour le deuxième trimestre. Ce contexte pourrait tirer les prix de gros vers le bas, comme le reflètent déjà les contrats pour mai et juin. Toutefois, les tensions sur le gaz liées au contexte géopolitique pourraient ponctuellement soutenir les prix européens et stimuler les exportations françaises.

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