GAZ NATUREL

 

 

Contrairement à ce qu’on aurait pu attendre, le prix du gaz naturel n’a pas subi les baisses dramatiques qu’ont connues les bourses européennes tout au long de la semaine. Ni l’effondrement du pétrole lundi dernier (-20% en une session de marché) suite à l’annonce d’une augmentation de la production de l’Arabie Saoudite, coup de semonce d’une guerre des prix entre pays producteur. Au contraire, il a augmenté légèrement jusqu’à mercredi pour ensuite s’infléchir.

Cela illustre parfaitement la disparition de la corrélation entre le prix du pétrole et du gaz, qui prévalait il y a encore quelques années. Les prix du gaz au niveau mondial sont désormais dirigés par le LNG et tout spécialement le LNG américain. 

Et pour comprendre pourquoi le prix du gaz augmente, alors même que sa demande durant les prochains mois pourrait  être réduite par l’épidémie de coronavirus, il faut en effet se tourner vers les Etats-Unis. Aux Etats-Unis, une grosse partie de la production de gaz naturel n’est en réalité que le sous-produit de la production de pétrole, en particulier dans le bassin Permien.

Les forages sont rentabilisés uniquement via la vente du pétrole et le gaz naturel est vendu à un prix très bas (voir brûlé s’il ne trouve pas de débouchés). C’est ces prix très bas qui ont boosté l’export de LNG en provenance des USA. Par contre, si le prix du pétrole reste à ces niveaux une partie de ces forages devient non rentable et risquent d’être interrompus,  la production  de gaz risquant alors de diminuer à moyen terme, diminuant de fait les exportations de gaz. Ainsi lundi alors que le pétrole diminuait de 23%, l’indice gazier de référence aux USA, le Henry Hub, augmentait de 4%.  

 

 

ÉLECTRICITÉ

 

 

Le prix de l’électricité a suivi un chemin similaire à celui du gaz mais avec toutefois une baisse marquée en fin de semaine, les prix du carbone ayant décrochés fortement jeudi.

Les mesures de précaution  prises dans plusieurs pays européens, dont la France bien entendu, afin de contrer l’épidémie de coronavirus ont le potentiel de diminuer drastiquement la demande d’électricité tertiaire et industrielle (qui représente en France presque 2 tiers de la consommation nationale). Dans ce contexte, les prix de l’électricité pourraient encore considérablement baisser.Tout dépend bien sûr de la durée de l’épidémie en Europe et des perturbations de l’activité économiques qui y sont attachées