L'homme qui veut coloniser Mars a le sens du spectacle. Pour présenter un « toit solaire », Elon Musk a choisi les studios d'Universal, à Los Angeles (Californie), et plus précisément Wisteria Lane, le décor représentant une rue d'une petite ville américaine qui a servi à plusieurs tournages, dont ceux de la série Desesperate housewives.

L'innovation est de fabriquer des panneaux photovoltaïques faisant office de tuiles, de formes variées. Recouvertes « de quartz », elles seraient très solides et inusables, explique-t-il dans la conférence de presse. Tout le toit d'une maison devient ainsi producteur d'électricité, sans nuire à l'esthétique. Car les panneaux solaires doivent suivre l'évolution des voitures électriques qui, longtemps, « ressemblaient à des voiturettes de golf » et qui sont devenues belles, sous-entendu comme les modèles de Tesla, l'entreprise dont il est président.

Un rapprochement entre Tesla et SolarCity

D'ailleurs, la conférence de presse était aussi destinée à ses actionnaires qui devront bientôt valider la fusion de la société avec SolarCity, qui a créé ces tuiles photovoltaïques. Elle reste pour l'instant déficitaire et la fusion serait surtout une acquisition de Tesla. Techniquement, le rapprochement a du sens, comme l'avait déjà expliqué la firme d'Elon Musk. Les tuiles de SolarCity ne produisant de l'électricité que durant le jour, il faut la stocker pour l'utiliser une fois le soleil couché. Or, Tesla présente par la même occasion la version 2 de sa batterie domestique Powerwall. D'après Elon Musk, ce nouveau modèle serait capable de stocker l'énergie produite par le toit de SolarCity installé sur une maison particulière.

Le rendement d'une telle toiturephotovoltaïque n'est pas indiqué, ni la quantité d'électricité qu'elle est capable de produire. La batterie Powerwall 2, vendue 5.500 dollars (un peu plus de 5.000 euros), a, d'après Tesla, une capacité de 13,5 kWh et peut alimenter une installation électrique avec une puissance de 5 kW « et de 7 kW en pic ». Un foyer pourrait donc largement s'éclairer, faire fonctionner ses appareils électriques et même, peut-être, recharger sa Tesla Model S, X ou 3. La présentation n'insiste pas sur le coût de l'électricité ainsi produite mais sur les bénéfices environnementaux et la réduction des émissions de CO2 alors que la teneur dans l'atmosphère, a rappelé Elon Musk dans la conférence de presse, vient de dépasser les 400 ppm à l'échelle planétaire.