L’arrêt de plusieurs réacteurs nucléaires pourrait déséquilibrer l’approvisionnement en courant, selon les chiffres dévoilés, mardi, par Réseau de transport d’électricité.

 

Pour Noël, faudra-t-il s’éclairer à la bougie ? Sans doute pas. Mais pour la première fois depuis des années, l’hiver s’annonce extrêmement tendu en matière électrique en France. Des mesures exceptionnelles vont être mises en place pour compenser l’arrêt d’un nombre record de centrales. Elles risquent cependant de ne pas suffire s’il fait vraiment froid.

Des coupures ne sont donc pas exclues, notamment au début de décembre et en janvier, les périodes les plus délicates. C’est ce qu’a annoncé mardi 8 novembre Réseau de transport d’électricité (RTE), la filiale d’Electricité de France (EDF) gestionnaire des 100 000 kilomètres de lignes à haute tension, qui suit à ce titrel’équilibre production-consommation dans l’Hexagone.

A l’origine de ces difficultés, la faiblesse du parc de centrales d’EDF. En principe, l’entreprise publique arrête durant l’été les unités sur lesquelles elle doit réaliser des travaux afin de disposer du maximum de puissance en hiver, quand le chauffage électrique porte la consommation de courant à des sommets. Cette année, ce bel ordonnancement est totalement remis en question.

 

Treize réacteurs hors circuit en décembre

A cause de la défaillance de certains réacteurs et des contrôles renforcés requis par l’Autorité de sûreté nucléaire après la découverte de falsifications chez le constructeur Areva, près d’un tiers des tranches nucléaires françaises est actuellement à l’arrêt. Du jamais-vu depuis que le parc a été construit, dans les années 1970-1990.

EDF espérait faire repartir plusieurs unités très rapidement, mais le groupe avait présumé de ses forces. Le 3 novembre, il a dû reporter le redémarrage de cinq réacteurs (Bugey 4, Gravelines 2, Tricastin 1, 3 et 4) à la fin de décembre. En l’état actuel des prévisions, treize réacteurs devraient rester hors circuit en décembre, et neuf en moyenne durant l’hiver, « le niveau de disponibilité le plus faible depuis dix ans », selon RTE.

Pour répondre aux pics de consommation, EDF recourt d’habitude à ses vieilles centrales au fioul ou au charbon. Mais, là aussi, la marge de manœuvre est plus limitée que les années précédentes : plusieurs unités ont été fermées ou mises sous cocon. Pas de chance non plus du côté des barrages hydroélectriques, ils se trouvaient à la fin d’octobre à leur plus bas niveau décennal pour la saison.